Le Chant des chants
Le Cantique des cantiques à trois voix !
Une formidable histoire d'amour en quatre saisons
Andrée Senebier — Illustration : Esther (11 ans)
Prologue
Il faut bien le constater, on s'arrête rarement sur « Le Cantique des Cantiques », ce texte tiré de la Bible.
Ses descriptions de la morphologie du corps humain et les comparaisons font partie de la poésie sémitique qui donne au corps la même importance qu'à l'âme et à l'esprit. La culture grecque de nos civilisations occidentales ne nous présente que le corps et l'âme. La foi chrétienne s'appuie aussi sur ces 3 dimensions. L'apôtre Paul ne dit-il pas :
Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur.
— Hébreux 4:12
Ce texte est pourtant un trésor inestimable qui indique le cheminement que le Père désire voir suivre par chacun de ses enfants, cheminement avec son Fils Jésus qui par son humanité, est le seul accès à Dieu.
« Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie… Nul ne vient au Père que par moi. »
— Jean 14:6
Les commentaires, les découpages, les interprétations du texte sont très différents. J'ai choisi « La cantate de l'Amour » d'Arminjon (18e siècle) pour essayer de vous partager la richesse de ce livre qui, en ce début du 21e siècle, prend un sens particulier : la préparation de l'épouse.
C'est donc au fil des saisons que nous allons suivre la naissance et la progression de ce merveilleux amour, presque un conte de fée entre une bergère et son roi. À chaque étape nous nous arrêterons sur quelques détails, puis nous en verrons la portée sur le plan spirituel dans la vie du chrétien. Nous écouterons donc ces trois voix :
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♥ Les quatre saisons
La fin de l’hiver (1:1–2:7)
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La conteuse À l'ombre d'un olivier, sur une colline de Jérusalem, une jeune fille est assise avec ses camarades. Comme toutes celles de son âge, elle rêve à son futur amour. Elle leur parle d'un certain berger dont toutes les jeunes filles sont éprises ; elle l'a vu et reste profondément troublée par ce parfum qui émane de sa personne. Elle veut le suivre, qu'il l'entraîne à sa suite, courir avec lui. Impressionnées par ses paroles, ses amies chantent pour fêter cet amour naissant : « Réjouissons-nous, soyons dans l'allégresse à ton sujet ! Célébrons ton amour plus exaltant que le bon vin ! » Alors elle leur ouvre son cœur : « Je suis noire, mais je suis belle, filles de Jérusalem… Ne prenez pas garde à mon teint noir : c'est le soleil qui m'a brûlée. Les fils de ma mère se sont irrités contre moi… » Mais voilà, ce fameux berger passe par là. Sans honte, elle l'interpelle — « O toi que mon cœur aime, dis-moi où tu fais paître ton troupeau de brebis, où tu feras la halte à l'heure de midi… » — « Si tu ne le sais pas, ô toi, la plus belle des femmes, va donc suivre les traces du troupeau de brebis. » C'est ainsi que commence cette belle histoire d'amour. — Je ne suis qu'une petite violette du printemps, dit-elle. — Comment ! Un lys parmi les ronces, voilà ce que tu es en comparaison des autres filles. — Si je suis un lys, toi, tu es un solide pommier à l'ombre duquel il fait si bon s'asseoir. Et voici notre petite bergère subjuguée sous un tel étendard d'amour. Comme enivrée, elle se sent faible, prête à s'évanouir. Mais de son bras gauche, il soutient sa tête et il l'enlace de son bras droit. À bout de force… elle s'endort. Les amies accourent. Chut ! Dit-il, « Ne réveillez pas l'amour avant qu'elle ne le veuille. » |
L'enseignant En hébreu « chir ha chirim » vient du verbe chanter, donc le titre peut se traduire par Chant des chants au sens profane. Il peut aussi prendre le sens sacré de psaume, devenant ainsi le Cantique des cantiques. Nous avons fait connaissance avec les personnages : une jeune bergère, ses amies les filles de Jérusalem. Après avoir entendu parler d'un berger extraordinaire, elle l'a vu mais se sent indigne de lui. Cependant elle fait le premier pas. La rencontre est merveilleuse, elle est complètement bouleversée. Lui, garde son calme, la soutient et patiente. Notons déjà les termes employés : elle l'appelle « mon bien-aimé ». Il est donc le seul aimé ; lui, la nomme « mon amie, ma belle, ma colombe ». Jamais il n'emploie ma bien-aimée. En aurait-il plusieurs ? « Ne réveillez pas l'amour avant qu'il ne le veuille » est la traduction la plus courante. Or, en hébreu le pronom est féminin : avant qu'elle ne le veuille. Ce « elle » peut remplacer le mot amour (féminin en hébreu) mais l'amour a-t-il une volonté ? C'est tellement plus évident qu'il remplace la bergère qui, elle, a toute liberté de décider. Nous verrons plus loin que ce « elle » représente l'Épouse. |
Le journaliste En ce qui concerne notre relation avec Jésus, le même parcours se présente. Tout d'abord, on a entendu parler de Lui, par le témoignage de quelqu'un, dans un rassemblement, par les médias, un film ou une lecture. Faut-il encore se laisser interpeller, laisser grandir ce désir d'en savoir plus, passer au-delà des réactions de la famille, des amis. Puis on devra accepter de se sentir « noir », ce sentiment d'être indigne, ce qui demande d'ouvrir les yeux sur ce qu'on est au plus profond de notre être — c'est l'étape de la conversion, décision personnelle et libre. Si le cœur est sincère, la rencontre a lieu avec ce grand Dieu d'Amour qui a pris la vie du marcheur de Galilée, qui s'est comparé à un simple berger, pour se mettre à notre niveau. L'apothéose est bien sûre, lorsque sa présence se manifeste par le contact de l'Esprit — le Saint-Esprit — avec notre esprit qu'Il vient réveiller, saisissant l'être tout entier, le rendant « malade d'amour ». C'est bien ce qui est arrivé aux apôtres : les témoins de l'événement n'ont-ils pas dit :
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Le printemps des fiançailles (2:8–3:5)
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La conteuse Quelques jours plus tard, elle est dans sa maison cousant auprès de la fenêtre en pensant à lui. Tout à coup elle sursaute : « C'est la voix de mon bien-aimé ! Le voici, il vient, bondissant sur les montagnes… Mon bien-aimé parle et me dit : Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens ! Car voici, l'hiver est passé ; la pluie a cessé, elle s'en est allée. Les fleurs paraissent sur la terre, le temps de chanter est arrivé… Prenez-nous les renards, les petits renards qui ravagent les vignes ; car nos vignes sont en fleur. Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui. » Mais bientôt c'est un rêve angoissant : « Sur ma couche, pendant les nuits, j'ai cherché celui que mon cœur aime ; je l'ai cherché, et je ne l'ai point trouvé… Je me lèverai, et je ferai le tour de la ville, dans les rues et sur les places ; je chercherai celui que mon cœur aime… Les gardes qui font la ronde dans la ville m'ont rencontrée : Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? À peine les avais-je passés, lorsque j'ai trouvé celui que mon cœur aime ; je l'ai saisi, et je ne l'ai point lâché jusqu'à ce que je l'aie amené dans la maison de ma mère. » |
L'enseignant Peut-être faut-il expliquer aux jeunes du 21e siècle ce que sont des fiançailles, cela semble totalement dépassé et pourtant tellement important. Il est bon de rappeler que le but de l'amour est le mariage « pour le meilleur et pour le pire » et non le plaisir d'un moment. Il était donc indispensable de se connaître vraiment puisqu'il s'agissait d'engager toute sa vie. Lors des fiançailles, repas de fête avec les deux familles, le fiancé passait une bague au doigt de la fiancée. Ils pouvaient alors, et seulement, sortir seuls pour se parler sérieusement, s'écouter, se regarder vivre. Ceci dit, revenons à notre histoire. Notre bergère et son berger sont fiancés. Notons la retenue dans leur rapport : elle est aux aguets, tous les sens en éveil, cependant elle ne se précipite pas au-devant de lui. Elle attend… Lui aussi est impatient mais avec quelle délicatesse il la cherche. N'y a-t-il pas danger à se lancer dans l'aventure ? Les renards ? Tout ce qui peut mettre les bâtons dans les roues. Le soir, on est sûre : il est à elle et elle à lui. Pour la deuxième fois notons : « Ne réveillez pas l'amour avant qu'elle ne le veuille. » |
Le journaliste Où en est notre nouveau chrétien fraîchement baptisé ? Il se sent de plus en plus attiré vers ce Jésus qui l'attend. Il lit tout ce qui a trait à Lui, il a toujours soif d'en savoir plus. Le Seigneur désire entendre sa voix et l'encourage à sortir « de la fente du rocher » — c'est-à-dire du confort de sa vie. C'est tout beau… mais voici les petits renards qui surgissent. Certains s'arrêtent ici et lâchent tout ; d'autres ne renient pas leur engagement mais en resteront là : une simple pratique suffira — le culte le dimanche matin, de bonnes œuvres de temps à autre. C'est leur liberté. D'autres s'engagent à fond, accrochés par cet extraordinaire amour. C'est alors que les manifestations du Saint-Esprit se développent : visions, pensées prophétiques, parler en langues comme en Actes 2. Lui, garde le silence tout en manifestant son amour… Il attend le don total. Mais pour le chrétien : « Il est toujours à moi puis moi à Lui ! » Après l'éveil de l'amour, il fallait apprendre à se connaître : c'était le temps des fiançailles. |
L’été des noces (3:6–5:1)
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La conteuse Enfin bonheur suprême, voici le jour des noces. Selon la coutume le fiancé va en cortège chercher sa fiancée. Toute la ville se presse. Mais… quelle surprise ! « Voici la litière de Salomon, et autour d'elle soixante vaillants hommes, des plus vaillants d'Israël. Tous sont armés de l'épée, sont exercés au combat ; chacun porte l'épée sur sa hanche, en vue des alarmes nocturnes. » Le berger attendu est en fait entouré de ses soldats. Tout le long de la route, le roi se pâme d'avance de la beauté de sa promise. À son tour, l'amour lui fait perdre la tête : « Tu me ravis le cœur, ma sœur, ma fiancée, tu me ravis le cœur par l'un de tes regards… Il appelle son jardin, il prend possession de tout ce qu'elle lui a préparé : « Entrons dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée ; je cueille ma myrrhe avec mes aromates, je mange mon rayon de miel avec mon miel, je bois mon vin avec mon lait… Mangez, amis, buvez, enivrez-vous d'amour ! » Tous les amis sont invités à festoyer : « Vive les mariés ! » |
L'enseignant Ce passage est sujet à de nombreuses interprétations pour identifier ce roi. Pour nous, nous restons dans cette merveilleuse aventure d'un même amour entre nos deux personnages. C'est le moment de la grande révélation : ce berger si discret est en réalité un grand roi. La description de son palanquin, la mention du bois précieux, de l'or et de l'argent, du tissu de pourpre dévoilent sa richesse et le tissu de sa royauté. Avant la fiancée, ce sont les amies qui sont invitées à l'acclamer. Notons qu'elles sont appelées filles de Sion et non filles de Jérusalem. La nouvelle appellation fait référence à la venue du Messie dont Salomon est une figure (Héb 12:22 ; Apo 14:1). La fiancée, elle, est au Liban — peut-être pour évoquer sa blancheur (Liban signifiant blanc). Pas de surprise, elle le connaît parfaitement. Elle a tout préparé pour lui, l'invite et donne tout : elle a réveillé l'amour. Alors lui, accepte, entre et prend possession de tout. Deux termes nouveaux s'ajoutent : « ma sœur, ma fiancée ». |
Le journaliste Nous retrouvons notre chrétien bien engagé dans la vie de l'église qu'il fréquente. Puis un jour, il se sent brusquement face à la grandeur et la puissance de Celui qui, jusque-là était son ami, son confident. Son Sauveur devient son Seigneur, son Roi. Il est saisi par son autorité. À l'amour s'ajoute alors la crainte — non pas la peur — mais un saint respect. La présence du Saint-Esprit prend alors une autre dimension. On ne peut plus satisfaire ses désirs plus fort que l'obéissance à ses commandements. Lui voit son épouse comme une merveilleuse créature, prend toute la place pendant qu'elle diminue jusqu'à pouvoir dire avec Paul :
C'est alors le don total de tout son être — tout est à Lui. Impossible de garder ce bonheur pour soi, il faut le partager. L'ennemi se déchaîne alors — les épreuves pleuvent. Mais le Roi veille. Le principe demeure : « je suis à toi (en priorité) et tu es à moi (ensuite) » — on travaille avec Lui, quand Il veut et comme Il veut. |
L’orage d’été (5:2–6:3)
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La conteuse Le couple vit heureux, mais un jour, l'époux s'est absenté. Au milieu de la nuit, elle sursaute : « J'étais endormie, mais mon cœur veillait… C'est la voix de mon bien-aimé qui frappe : Ouvre-moi, ma sœur, mon amie, ma colombe, ma parfaite ! Car ma tête est couverte de rosée… » Elle hésite : elle a ôté sa tunique, lavé ses pieds… Mais ses entrailles s'émeuvent pour lui. Elle se lève pour ouvrir — de ses doigts, la myrrhe se répand sur la poignée du verrou. Trop tard : il était parti. Elle le cherche, ne le trouve pas. Les gardes qui font la ronde dans la ville l'ont rencontrée ; ils l'ont frappée, blessée, ils lui ont enlevé son voile. Ses amies arrivent alertées par ses cris : « Je vous conjure, filles de Jérusalem, si vous trouvez mon bien-aimé, que lui direz-vous ?… » Alors elle décrit en détail la beauté de cet homme, un si merveilleux portrait qu'elles ne peuvent que lui offrir leur aide. Brusquement, elle sait où il est : c'est une certitude — « Mon bien-aimé est descendu à son jardin, pour faire paître son troupeau dans les jardins, et pour cueillir des lis. Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi. » Elle est d'abord à lui, et ensuite lui à elle. |
L'enseignant Attardons-nous sur certains détails de cet épisode conjugal. Lui arrive vraisemblablement assez tard puisque sa femme est couchée. C'est curieux : il frappe pour entrer chez lui ! N'oublions pas que nous sommes au Moyen-Orient, il y a environ 2 500 ans. Les femmes avaient leur tente particulière. Il insiste, il va essayer d'entrer… mais sa discrétion et sa délicatesse l'en empêchent. Il laisse son parfum dans le trou et sans insister, il s'en va. Quant à elle, la paresse l'a saisie. Quel effort de se lever ! Trop tard. Ce n'est pas le temps de s'attarder en regrets. La voici dans la rue — quelle imprudence pour une femme seule ! Sa nonchalance lui a fait perdre la protection évidente de son époux. Elle cherche l'aide de ses amies : celles-ci ne sont pas très compréhensives. Mais au lieu de se justifier et de l'accuser, elle fait de lui un si merveilleux portrait qu'elles ne peuvent que lui offrir leur aide. Elle comprend alors que l'amour inconditionnel de son bien-aimé doit être partagé : « moi je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi » — aucune jalousie — mais il n'est pas sa possession exclusive ; elle est d'abord à lui et partage ses désirs. |
Le journaliste Que devient notre chrétien que nous avons laissé en pleine euphorie ? Le temps passe, on s'habitue à la présence continuelle du Seigneur. Où est passé ce besoin de chanter pour Lui ? La prière devient un monologue, voire un disque. On est moins attentif à ses réponses, à ses demandes, à ses avertissements. Peu à peu, le naturel revient au galop. On laisse ressurgir ses défauts. Et surtout, ces raisonnements refont surface pour conduire à ce terrible besoin de diriger sa vie — « oui Seigneur, j'ai bien compris… » — bref, on a perdu le premier amour. Jusqu'à ce qu'on se retrouve dans une situation très difficile et dangereuse. Les responsables religieux (les gardes) enveniment la situation. Lorsqu'on a atteint la limite de ses forces, la voix de l'Époux se fait entendre, pleine de douceur : « je suis là ». L'épreuve a été dure mais on a compris que le Bien-Aimé n'est pas à notre service pour bénir la bonne réussite de nos désirs. On ne va plus travailler pour Lui selon ses initiatives, mais avec Lui — quand Il veut et comme Il veut. Cet orage d'été a finalement été bénéfique. |
L’automne des fruits (6:4–8:4)
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La conteuse La petite fiancée est devenue femme accomplie, la plus belle des reines, rayonnante de la beauté de son royal époux. Ses amies ne la reconnaissent plus : « Qui est celle qui apparaît comme l'aurore, belle et pure comme la lune, mais terrible comme des troupes sous leurs bannières ? » Elle vient s'engager librement et totalement dans la mission de son mari. Ils sont UN maintenant et partent ensemble — « Viens, mon bien-aimé, sortons dans les champs, demeurons dans les villages ! Dès le matin nous irons aux vignes, nous verrons si la vigne pousse, si la fleur s'ouvre. Là je te donnerai mon amour. » Et même maintenant, elle travaille seule pour lui : « Les mandragores répandent leur parfum, et nous avons à nos portes tous les meilleurs fruits, nouveaux et anciens : Mon bien-aimé, je les ai gardés pour toi. » |
L'enseignant Notre petite bergère est devenue reine. Ses qualités, sa beauté, la lumière dont elle rayonne sont reconnues par tous ceux qui l'approchent. Elle provoque l'admiration mais aucune jalousie. Le nom qui lui est donné ici : Sulamithe — vraisemblablement le féminin de Salomon — venant de shalom : la paix. Elle a pris le nom de son mari. Ce couple ne reste pas replié sur son bonheur. C'est elle maintenant qui lui rappelle qu'il faut sortir, sans compter sa peine, pour voir où en est la vigne. Ils vivent pleinement cette devise de Saint-Exupéry : « Aimer, ce n'est pas se regarder l'un, l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction. » Notons encore ce souhait de l'épouse : « Oh ! Que n'es-tu mon frère ! Je te rencontrerais dehors, et l'on ne me mépriserait pas. » En public, on se sentait plus libre avec un frère qu'avec un époux. |
Le journaliste Au fil du temps, dans les bons et mauvais jours, notre chrétien a mûri, ayant triomphé des épreuves, accroché à son Seigneur. Les combats ne sont pas terminés mais il a appris à utiliser tous les éléments de l'armure :
La joie des noces est toujours là. C'est à ce moment-là qu'on peut porter vraiment le nom de chrétien, dérivé du nom de Christ — « C'est à Antioche que, pour la première fois, les disciples de Jésus furent appelés chrétiens. » (Actes 11:26). La communion est telle que l'épouse peut maintenant prendre l'initiative dans l'intercession où, conduits par l'Esprit, nous Lui demandons cela même qu'Il désire (Rom 8:26). Pour le chrétien, le souhait de la Sulamithe s'est réalisé puisque Jésus est vraiment son frère (Mat 25:40). |
L’arrière saison (8:5–7)
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La conteuse Les années ont passé et voici les amies — toujours elles — qui s'exclament : « Qui donc est celle-ci qui monte du désert ? S'appuyant sur son bien-aimé. » Le couple avance tranquillement sur le chemin aride et se parle à mi-voix. C'est le moment d'échanges au sujet de leur amour qui n'a cessé de progresser :
Enfin c'est en toute sérénité qu'ils évoquent l'inévitable séparation : « Habitante des jardins ! Daigne me faire entendre ta voix puis, mon bien-aimé ! Sois semblable à la gazelle ou au faon des biches, sur les montagnes des aromates ! » |
L'enseignant Maintenant c'est ensemble qu'ils montent du désert, ce lieu qui symbolise la vie avec ses difficultés. Elle s'appuie sur lui comme ces couples inséparables que l'on peut rencontrer, la main dans la main. Ils se sentent inséparables comme le roi et son sceau (cet objet attaché au cou servant à officialiser les ordres donnés). Comme la mort inévitable, l'amour a toujours le dernier mot. L'image des flammes en évoque l'intensité et la source en est révélée : l'Éternel. Aucune eau ne pourra en éteindre l'incendie, aucune fortune ne pourrait acheter un tel trésor. Le moment de la grande séparation approche… une seule demande : fais-moi entendre ta voix et puis vite, toi l'éternel jeune, continue la course. Elle sait très bien qu'il a du travail à faire et que pour elle ce n'est qu'un au-revoir. Un jour c'est avec un corps tout neuf, tout jeune, tout beau que nous le rejoindrons sur les monts embaumés. |
Le journaliste Pour le chrétien aussi arrive ce temps de désert. Alors que les forces faiblissent, la fragilité s'installe, c'est le moment de s'accrocher à son Seigneur, d'accepter l'aide des frères et sœurs :
Depuis Jésus, nous savons que l'amour ne périra pas car Dieu est la source, l'essence même de l'amour :
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♦ Réflexions
Vue d’ensemble sur le parcours de l’amour conjugal
→ Dans le Cantique, nous avons suivi les étapes de leur amour : le désir réciproque, le rendez-vous, les premières épreuves. Puis c’est l’étape principale : le passage du « il est à moi » au « je suis à lui » par le don total scellé à la noce. Puis les réflexions sur leur amour.
→ En bonne femme-homme il en est de même : passer de l’amour-phileo (l’amitié), à l’amour-agapé (qui donne du bonheur à l’autre en priorité), enfin arriver à l’amour-éros et atteindre ainsi l’union absolue. Malheureusement en notre 21e siècle, l’ordre est complètement inversé.
→ Qu’en est-il du parcours du chrétien avec Jésus ? Au départ le désir de Le connaître, suivi de la repentance et de l’acceptation du don de la grâce. Vient alors la visitation du Saint-Esprit, expérience ineffable de la présence du Seigneur. Puis l’engagement dans une église pour appliquer les bases données en Actes 2:42.
De la fiancée à l’épouse
Ce nouveau statut demande une consécration de tous les instants. C’est un travail qui se fait seul, face à face avec l’Époux, dans le silence de la chambre, pour régler les problèmes du passé. Puis sentir sa présence partout et dans l’instant.
« Qu’il croisse et que je diminue. » — Jean 3:30
« Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. » — 2 Corinthiens 3:17
De l’épouse à l’Épouse, ou de l’église à l’Église
Puis un jour, notre épouse rencontre d’autres épouses, l’Esprit ayant posé le rendez-vous. Des frères et sœurs, ayant parcouru le même chemin intérieur, venus de nations et de dénominations très différentes, qui se trouvent maintenant sur le même chemin de l’amour en parfaite communion.
Ces épouses sont unies par leur foi commune en Jésus leur Sauveur et Seigneur. Cette unité sera l’œuvre uniquement du Saint-Esprit réalisant ainsi la prière de Jésus :
« Qu’ils soient tous un comme nous sommes uns » — Jean 17:21
L’Épouse
Quel sera le rôle de cette Épouse ? Je crois tout simplement : réaliser ce désir que Dieu exprima à Moïse :
« vous serez pour moi un peuple précieux… vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte » — Exode 19:5
Pour l’instant, que fait-elle cette Épouse ? Elle se prépare pour la noce ! (Apo 19:8). Le tissu de lin rayonne la lumière de l’Époux même s’il n’est pas encore visiblement là.
Alors que le désarroi et la terreur envahissent la terre c’est l’arrivée du Roi :
« maintenant notre Dieu a manifesté sa puissance et instauré son règne, maintenant son Messie a pris l’autorité en main » — Apocalypse 12:10
En attendant la réalisation de toutes ces espérances, que l’Esprit et l’Épouse disent :
« Viens ! Que celui qui entend ces paroles dise “viens !” Que celui qui a soif vienne. » — Apocalypse 22:27
Épilogue — Quelques questions que peuvent se poser…
Tous les chrétiens :
→ À quelle étape en suis-je — fin de l’hiver, printemps, été, automne, arrière saison, moment de crise ? Il est urgent de passer à la suivante et même à la dernière, il faut veiller à ne pas s’endormir.
→ N’ai-je pas sauté une étape ? Si oui, il est indispensable d’y revenir. Toutes ont leur importance — il est si facile par exemple de « zapper » la repentance !
→ Suis-je fiancée ou épouse ? Il est si agréable de se complaire au printemps.
Toutes les églises :
→ Qui en est le chef ? Jésus ou l’institution humaine ?
→ Chaque membre a-t-il la possibilité de devenir adulte dans la foi ou est-il éternellement soumis aux autorités ? L’église prend-elle soin des nouveaux convertis, les accompagne-t-elle dans leur croissance, les libère-t-elle à l’âge adulte dans la foi ? Pourront-ils passer de l’église à l’Église en toute liberté ?
→ Où sont les fruits ? Des disciples pour Jésus ou pour une dénomination ? Une réelle communion entre frères et sœurs, seule œuvre de l’Esprit et gage de son amour.
→ Sérieusement, qui peut se dire prêt ? Le Roi vient bientôt. Prenons conscience que son retour est proche. La réponse est urgente, préparons-nous ! — Apo 22:12.
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